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Le Congrés 2005, vu de l'intérieur ...




Il faisait beau, il faisait chaud : deux cents avocats s’étaient retrouvés pour travailler au présent et à l’avenir de notre profession et de la justice en général, conscients qu’ils étaient de n’être rien, sinon les portes paroles de leurs clients et, par l’indépendance que leur confère cette mission, le dernier rempart contre les atteintes sécuritaires d’un régime d’un nouveau genre : la dictature de la transparence et ces dérive orweliennes … !

C’est ce qu’a remarquablement bien rappelé Monsieur Jean-Michel Casanova, bâtonnier de Montpellier et également, ancien président de l’UJA du même barreau dans un discours particulièrement émouvant au cours de la séance solennelle … nous l’en remercions chaleureusement !

S’en suivirent les discours de plusieurs autorités locales (maire, député, …) qui donnèrent à cette séance un réel retentissement local. Messieurs Jean-Marie Burguburu, bâtonnier de l’Ordre des avocats de Paris et Monsieur Franck Natali, vice-président de la Conférence des Bâtonniers s’indignèrent respectivement des attaques désormais trop fréquentes contre la place de l’avocat dans la société et en particulier, dans le procès pénal.

Monsieur Michel Bénichou, président du Conseil national des barreau, pris ensuite la parole pour exposer notamment ses divergences de point de vue avec notre fédération sur la formation, qu’elle soit continue ou initiale… Malgré ce plaidoyer pertinent, drôle, construit et de grande qualité, le congrès n’en a pas moins réaffirmé ses divergences en demandant la suspension de la réforme de la formation continue … (nous en reparlerons ci-dessous).

Puis, ce furent les discours de Bruno Marguet, président sortant de la FNUJA, que nous félicitons pour sa présidence, et de Marc Guillaume, directeur des affaires civiles et du sceaux.

Saluons enfin la présence de Madame et Monsieur Jean-Claude Woog à cette séance d’ouverture.

Bien que les commissions de travail se soient réunies sans relâche, France Moulin était dans tous les esprits et de toutes les discussions. A tel point que le vendredi matin 6 mai, le Congrès, suspendant ses travaux a investi 70 représentants pour se rendre devant le Palais de Justice de Montpellier pour lire un communiqué devant la presse, ainsi que le « Manifeste des avocats devenus délinquants ».

Le Congrès adopta cinq motions, ainsi qu’un communiqué et le manifeste susvisés.

- l’avocat, salarié en entreprise ? La FNUJA qu’avant de se prononcer sur la possibilité pour un avocat d’exercer en entreprise, requiert d’étudier préalablement un certain nombre d’incidences que pourrait avoir cette réforme, et rappelle que cette discussion doit s’inscrire dans un débat plus large relatif à l’avenir de la profession d’avocat ;

- motion pénale : dans laquelle la FNUJA s’insurge notamment contre le passage d’un principe de justice à une logique budgétaire mettant à mal les droits de la défense et les libertés fondamentales ;

- de la formation initiale : au terme de laquelle la FNUJA exige la suspension de l’entrée en vigueur de la réforme de la formation initiale dans l’attente de la satisfaction de ses revendications, notamment quant à l’élaboration d’un volet financier préalable et ce, afin d’éviter la sélection par l’argent à laquelle le texte actuel ne pourrait que conduire ;

- de la formation continue : la FNUJA exige que son coût pour les collaborateurs soit pris en charge par les cabinets, ainsi que la prise en compte de la capacité contributive de chacun dans la fixation des coûts des formations organisées par les ordres ;

- Vers l’action collective : la FNUJA s’est prononcée en faveur de l’adaptation en droit français de l’action collective, dite « class action », sous certaines réserves.

Ces motions ont été adoptées en assemblée générale, assemblée au cours de laquelle, Alain Guidi, ancien président de l’UJA de Marseille, a été élu président de la FNUJA. Nous lui souhaitons bonne chance et bon courage pour son année de présidence. Quant à Loïc Dusseau, président d’honneur de l’UJA de Paris, il a été élu 1er vice-président.

Un hommage appuyé doit être rendu à l’UJA de Montpellier et à son président, David Mendel qui a organisé ce congrès de main de maître et qui a su faire en sorte que travail rime avec convivialité, malgré des congressistes quelques peu dissipés ! Les fêtes furent extrêmement sympathiques et conviviales !

La traditionnelle soirée déguisée du jeudi soir, avec une mention particulière aux UJA de Metz (avec supergirl et superman) et de Nice (en Brice de Nice), de même qu’au Bureau de la FNUJA, déguisé en Stroumpf.

Notons également, la soirée de Gala au cours de laquelle les UJA de métropole et des Antilles ont pu unir leurs talents pour la réalisation de la Revue des revue, organisés par les inénarrables Christophe Thévenet (Paris) et Nicolas Randriamaro (entre Pontoise et Paris…).

Enfin, c’est la Martinique qui a été élue pour accueillir le 62ème Congrès de la FNUJA qui se déroulera en 2005, compte tenu (notamment du rhum et) de l’implication croissante des UJA des Antilles dans notre Fédération !

Olivier Bureth
Secrétaire général de la FNUJA





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